La Semaine de Suzette et le défi de l’adaptation au monde moderne

Isabelle Cécillon-Chicaud

Résumé


   De l’audace éditoriale de ses premières années à la permanence de sa dernière décennie, d’expériences nouvelles en expérimentations vaines et tardives, la Semaine de Suzette raconte la connexion puis l’inadéquation aux évolutions de la première moitié du XXe siècle, une époque de changements majeurs. Reflet et miroir de la société, genre « au contact » du monde, la presse doit être caisse de résonnance aussi bien que force d’anticipation. Hardiesse, capacité à sentir son époque : La Semaine de Suzette des premiers temps a fait vivre à de très nombreuses jeunes filles l’expérience d’une lecture tout à la fois intime et partagée, dans laquelle les héroïnes leur permettaient d’imaginer un avenir de liberté, et une place nouvelle. Comptant sur la sécurité d’une expérience éditoriale acquise en plusieurs décennies, elle a ensuite proposé de tardives et vaines innovations, et pris conscience avec retard des mouvements de son lectorat et de la société toute entière. L’histoire de La Semaine de Suzette embrasse alors tous les possibles du terme « expérience » : lien entre imaginaire et concret, vécu et transmission, savoir et découverte, tentative et échec.

 

From the editorial boldness of its early years to the stagnation of its last decade, from an innovative experience to pointless and late experiments, La Semaine de Suzette bears witness to a connection followed by an inadequacy to the evolution of the first half of the twentieth century, an era of major changes. A reflection and a mirror of the society, a genre ‟in touch” with the world, the vocation of the press is to be a soundbox as well as a driving force anticipating changes. Thanks to its boldness and its capacity to remain relevant, La Semaine de Suzette in its early stages allowed a very large number of young girls to have a reading experience all at once private and shared, with heroines that would open before them a future of freedom, and a new place in society. Relying on the security of their several decades-long editorial experience, they then put forward late and pointless innovations, and were a few steps behind when they became aware of the evolution of their readership and of society as a whole. The history of La Semaine de Suzette hence embraces all the realities of the word "experience": the links between the imaginary and the concrete, first-hand and “inherited” experiences, knowledge and discovery, attempts and failures.


Mots-clés


La Semaine de Suzette, Gautier-Languereau, éducation des filles, moralité, histoire de la presse enfantine, modernité, girls’education, morality, children’s press history, modernity

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ISSN : 2108-7121